La motivation, c’est surfait
Combien de fois as‑tu eu envie de faire quelque chose d’important pour toi… sans jamais passer à l’action parce que “tu n’étais pas motivée” ?
Et au moment de t’y mettre, cette petite voix arrive pour te rappeler que tu as un abonnement Netflix à amortir, ou que c’est scandaleux que tes carreaux n’aient pas été faits depuis six mois et que tu devrais t’en occuper maintenant.
Résultat : le roman reste dans le tiroir, la reconversion dans un onglet mental, la passion dans un coin de ta tête, l’apprentissage en pause.
Mauvaise nouvelle : le changement que tu veux dans ta vie ne va pas se faire tout seul.
Cette reconversion, ce livre, cette activité créative, cet apprentissage qui pourrait t’ouvrir une nouvelle voie… ils ont besoin de toi aujourd’hui, et un peu chaque jour.
(Un scandale, oui je sais : ton temps, tu ne peux pas le capitaliser, il se fait la malle.)
On nous répète qu’il faut être motivée.
Et si, au lieu de courir après la motivation, on l’ancrait dans autre chose ?
1. La discipline : remettre les choses à leur place
La réponse qui revient souvent pour pallier le manque de motivation, c’est la discipline.
La discipline, c’est quand ton action ne dépend plus de ton humeur du jour, mais de ton objectif et du cadre que tu t’es créé.
On y relie les habitudes.
L’habitude, c’est ce que tu fais sans y réfléchir, simplement parce que “c’est comme ça”.
J’ai déjà entendu d’une personne que j’accompagne : “Moi je n’aime pas les habitudes, je ne fais rien par habitude.”
Puis elle s’est rendu compte qu’elle se brossait les dents tous les jours, qu’elle allait chercher sa fille à la même heure, qu’elle l’amenait au sport les mêmes jours, qu’elles avaient leurs petits rituels ensemble.
Ce sont des habitudes : des actions ancrées dans son quotidien, pas dans son humeur.
L’objectif était d’identifier ce qui fait qu’elle se tient à certaines actions, pour transposer ce déclic sur de nouvelles habitudes.
Les habitudes, c’est ce qui se passe quand tu n’as plus besoin de négocier avec toi‑même.
Il est 20h30, tu dis à ton enfant d’aller se brosser les dents.
Il est 17h25, tu te lèves pour aller la chercher.
Tu ne te demandes pas “est‑ce que je suis motivée ?” : c’est l’heure, donc tu y vas.
2. La copine de l’habitude : le système
Tes habitudes ne sont pas isolées : elles font partie d’un système.
Un système, c’est l’ensemble des routines, des repères et des décisions que tu structures pour que tes actions dépendent du cadre, plutôt que de ton humeur du moment.
C’est ce que résument bien certains discours de Tony Robbins : Ce n’est pas ce que tu fais “de temps en temps” qui change ta vie, c’est ce que tu fais de manière constante.
Au lieu d’attendre d’être inspirée pour agir, tu crées un environnement dans lequel ce que tu fais aujourd’hui est relié à la personne que tu veux devenir.
Tu sais quoi faire, quand le faire, et surtout pourquoi c’est important pour toi.
3. De la to‑do list au time blocking
La to‑do list, c’est bien : elle te rappelle quoi faire.
Mais elle ne te dit jamais quand tu vas le faire.
C’est pour ça que j’aime le time blocking (ou time boxing) :
Tu ne fais pas que lister les tâches, tu bloques un créneau pour chacune d’elles.
Au lieu d’écrire seulement “écrire mon roman” ou “bosser sur ma reconversion”, tu bloques :
mardi 20h–20h30 : écrire une scène ;
jeudi 7h30–8h : avancer sur une formation / un bilan de compétences ;
samedi 10h–11h : séance d’écriture pour faire le point sur ta vie et tes envies.
Quand le créneau arrive, ce n’est plus une option. On ne se demande pas si on a envie, on se dit que c’est le moment.
Et le plus simple, c’est de répéter ce créneau chaque semaine.
Le but c’est la constance.
4. L’émotion comme carburant
(inspiré du livre RISE de Bénédicte Burguet‑Journé)
Un autre levier puissant, c’est l’émotion que tu associes à ce que tu veux faire. La motivation n’est pas seulement une question de volonté, c’est aussi une question de sentiment.
Au lieu de noter seulement “écrire 30 minutes”, demande‑toi comment tu veux te sentir après ? Fière ? Apaisée ? Vibrer ?
Sur ta to‑do list, ajoute l’émotion associée :
“Écrire 30 minutes sur ma reconversion – pour me sentir plus alignée et actrice de ma vie.”
“Avancer sur mon projet – pour ressentir de la fierté ce soir.”
Tu n’agis plus seulement pour “faire une tâche”, mais pour t’offrir un sentiment, un état.
5. Et si le manque de motivation était un signal de désalignement ?
Parfois, le problème n’est pas le manque de discipline.
Parfois, le problème, c’est que tu forces dans une direction qui n’est pas la tienne.
Quand j’ai commencé ma reconversion, je voulais cumuler deux voies : la rédaction web / copywriting / ghostwriting, et le coaching.
Je me répétais que si je manquais de motivation pour le copywriting, c’était juste de la fatigue, qu’il fallait “s’y mettre quand même”, appliquer les théories sur la discipline, faire 5‑4‑3‑2‑1 et y aller.
Sauf que mon corps, lui, ne suivait pas. Plus je poussais, plus il résistait : fatigue, insomnie, blocages.
À ce moment‑là, aucune stratégie de système, aucune citation motivante ne fonctionnait.
Ce n’était pas un problème d’organisation. C’était en fait un désalignement.
Le désalignement, c’est quand le cœur, la tête et le corps ne sont pas d’accord avec ce que tu fais.
J’avais l’impression de tourner en rond, mécaniquement, sans me sentir vraiment vibrer.
Ce qui m’a fait relever la tête, c’est mon corps qui m’a stoppée.
Je me suis alors recentrée sur mes valeurs, sur ce qui me fait me sentir accomplie, sur ce qui me fait réellement vibrer.
Je voulais vivre de l’écriture et transmettre ses bienfaits.
Le désalignement venait du fait que je voulais le faire pour les autres (écrire à leur place) alors que ce qui me faisait vibrer, c’était d’écrire sur ce que je propose, d’écrire pour accompagner, de mettre les mots au service des transitions de vie.
Pas d’être uniquement “la plume de l’ombre”, mais d’incarner ma propre voix.
Tu n’as pas besoin de devenir une machine à volonté.
Tu as besoin d’un système clair, qui te donne des rendez‑vous avec toi‑même.
Tu peux aussi écouter les moments où la motivation ne vient jamais, même avec tous les outils du monde : ils te parlent peut‑être de désalignement, pas de paresse.
C’est là que tu peux intégrer l’écriture pour retrouver ce qui te fait vibrer, ce qui correspond à tes valeurs, pour t’aligner avec la prochaine version de toi.
La motivation, c’est surfait si on la prend comme une étincelle magique qui doit tout lancer.
Ce qui te transforme, ce sont tes systèmes, tes rendez‑vous avec toi‑même, tes petites actions répétées, et le courage d’admettre, parfois, qu’il est temps de changer de direction pour te réaligner.
Qu’est ce qui fait que tu avances ?



La discipline est une composante souvent oubliée de nos jours! Notamment parce qu'elle est l'ennemie de l'attention volatile, qui règne via les médias et réseaux sociaux ("vive les notifications"). Je culpabilise beaucoup de ne pas passer à l'action, mais d'une part j'en connais les sources (neuroatypie), et d'autre part je mets des objets/Post-it relatifs à mes tâches à avancer bien en évidence dans mon lieu de vie, afin de dédramatiser et passer effectivement à l'action la prochaine fois ^^